Après quatre années de mise en œuvre, 2022 à 2026, le projet DINAAMICC (Démarches INtégrées et Accompagnement pour une Agriculture familiale à Madagascar Innovante et résiliente aux Changements Climatiques) a été officiellement clôturé à Anosy le 19 juin 2026 lors d’une journée de restitution. Financé par l’Union européenne et coordonné par le CIRAD, il a été déployé dans les régions d’Analamanga, Itasy et Vakinankaratra, avec pour objectif de renforcer la résilience des exploitations agricoles familiales face aux effets du changement climatique, à la dégradation des ressources naturelles et aux contraintes sanitaires et environnementales.
Le projet s’est distingué par une démarche innovante basée sur la recherche et action participative, favorisant une collaboration étroite entre institutions de recherche, acteurs du développement et organisations paysannes. Il a mobilisé le CIRAD, le FOFIFA et l’IRD, cinq ONG de développement (AGRISUD, APDRA, AVSF, GSDM, Partage et FERT) ainsi que deux organisations paysannes, FIFATA et CEFFEL. Cette synergie a permis de mieux comprendre les contraintes des exploitations agricoles familiales, de concevoir et tester des innovations agroécologiques adaptées, de diffuser les pratiques les plus pertinentes et de renforcer durablement les capacités des acteurs locaux.

Des résultats concrets au service des producteurs: les résultats du projet sont significatifs. Plus de 3 000 producteurs ont été accompagnés, dont 1 021 femmes. Au total, 355 paysans leaders ont été formés afin de jouer un rôle de relais dans la diffusion des innovations auprès de plus de 125 organisations paysannes. Le projet a également permis la mise en place de 48 sites pilotes agroécologiques et de 188 parcelles de démonstration, favorisant l’adoption progressive de pratiques agricoles durables.
Recherche, formation et renforcement des capacités: DINAAMICC a contribué à la formation et à l’accompagnement de jeunes chercheurs et étudiants, notamment 10 doctorants malgaches, plus de 40 étudiants en Master 2 et 30 jeunes ingénieurs. Ces travaux ont permis de renforcer la production scientifique et la capitalisation des connaissances sur l’agriculture familiale et le changement climatique. En parallèle, les infrastructures de recherche et de services agricoles ont été consolidées à travers la mise en place de laboratoires, de stations météorologiques et d’équipements de stockage.
Développement de solutions agroécologiques: Le projet a permis le développement de solutions agroécologiques à grande échelle, incluant la production de dizaines de milliers de plants forestiers et la mise en place de systèmes agroforestiers et de jardins de case. Ces actions ont contribué à la diversification des systèmes agricoles et à l’amélioration de la résilience des exploitations face aux aléas climatiques.
Sécurisation des semences et amélioration de la production: des avancées importantes ont été enregistrées dans le domaine semencier avec la diffusion de semences améliorées de riz pluvial, de pomme de terre et d’autres cultures stratégiques. Plusieurs milliers de producteurs ont pu bénéficier de ces innovations, contribuant ainsi à l’amélioration de la productivité et de la sécurité alimentaire.

Des enseignements structurants pour l’avenir
Les acquis du projet mettent en évidence la pertinence de l’approche recherche-action, l’importance de la valorisation des innovations agroécologiques et le rôle central des organisations paysannes dans la diffusion des pratiques. Ces éléments constituent des leviers essentiels pour la durabilité des interventions dans le secteur agricole. À travers DINAAMICC, l’Union européenne et le CIRAD réaffirment leur engagement en faveur d’une agriculture familiale durable, inclusive et résiliente. Le projet démontre que la mise en réseau des acteurs de la recherche, du développement et des producteurs constitue un levier efficace pour accompagner la transformation des systèmes agricoles face aux défis climatiques et environnementaux. DINAAMICC laisse un héritage important pour l’agriculture malgache, tant en termes de connaissances que d’innovations, de compétences et de dynamiques collectives, contribuant à renforcer les bases d’une souveraineté alimentaire durable.