À l’occasion du lancement du rapport d’évaluation rapide de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) pour Madagascar qui s’est tenu le 05 juin 2026, le Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire a pris part à une table ronde de haut niveau réunissant des responsables gouvernementaux, des institutions financières, des investisseurs, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants du corps diplomatique. Cette rencontre stratégique avait pour objectif d’identifier les réformes, les mécanismes de financement et les partenariats nécessaires pour accélérer la transformation productive de Madagascar et renforcer la compétitivité de son économie.
Intervenant au cours des échanges, le Ministre a souligné que, pour obtenir des résultats rapides et tangibles dans le secteur agroalimentaire, il est essentiel de concentrer les efforts sur les filières déjà relativement structurées, disposant d’une base productive importante et présentant un fort potentiel de transformation et de création d’emplois. Il a notamment cité le riz, le maïs, l’orge destinée à la fabrication de boissons ainsi que les épices.

Le Ministre a rappelé que les pertes post-récolte dans la filière riz peuvent atteindre jusqu’à 15 %, ce qui représente un manque à gagner considérable pour les producteurs et l’économie nationale. L’équipement des zones de production en unités modernes de décorticage constitue ainsi une opportunité majeure pour améliorer la valorisation de la production. De même, le développement de la filière orge offre des perspectives intéressantes pour l’approvisionnement de l’industrie des boissons.
Concernant les épices, il a mis en avant l’importance du traitement post-récolte et de la préparation des produits, activités qui génèrent de nombreux emplois, notamment pour les femmes en milieu rural. Pour soutenir cette dynamique, le Ministre a proposé la mise en place de mécanismes d’appui concrets et rapides en faveur des agrotransformateurs. Ces mesures comprennent l’accès à des équipements de transformations adaptées, un accompagnement technique couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la transformation, ainsi qu’un renforcement des capacités des acteurs.
Dans cette perspective, il a rappelé l’engagement du Gouvernement à recruter 2 000 agents vulgarisateurs par an afin d’améliorer durablement la productivité agricole et de faciliter l’adoption de bonnes pratiques par les producteurs. Enfin, le Ministre a insisté sur la nécessité de développer des instruments financiers innovants tels que les fonds de garantie et les produits d’assurance climatique. Ces outils permettront de sécuriser les investissements, de réduire les risques liés aux aléas climatiques et d’accompagner efficacement les projets d’agrégation agricole, contribuant ainsi à la modernisation et à la transformation du secteur agroalimentaire malgache.