L’Agriculture demeure le pilier fondamental de l’économie et la principale source de subsistance de la population rurale. Toutefois, le secteur fait face à une faible productivité, à la prédominance d’une agriculture de subsistance et à une forte vulnérabilité face aux aléas climatiques. Dans ce contexte, les enjeux de souveraineté alimentaire ne se limitent pas à l’accroissement de la production agricole, mais concernent également la disponibilité et la qualité des aliments, la transformation et la valorisation des produits locaux, la réduction des pertes post-récolte, l’accès aux marchés, la résilience des systèmes de production et la capacité des acteurs à développer des activités économiques viables.Le renforcement des systèmes agroalimentaires implique ainsi de soutenir des solutions adaptées aux réalités des territoires et de favoriser les liens entre production, innovation, transformation, commercialisation et investissement. Par ailleurs, la place des femmes dans ces systèmes constitue un autre enjeu important : bien qu’elles contribuent activement aux activités agricoles et interviennent à différents niveaux des chaînes de valeur agroalimentaire, leur participation ne leur garantit pas un accès équivalent aux ressources productives et aux opportunités économiques.

L’année 2026 offre ainsi un cadre particulièrement pertinent pour rapprocher les enjeux de l’alimentation, de la transformation des systèmes agroalimentaires, du développement des territoires ruraux et de l’autonomisation économique des femmes. C’est dans cette dynamique globale que s’inscrit la célébration nationale conjointe tenue les 15 et 16 octobre 2026 au Kianja Barea à Antananarivo, sous le fil conducteur « Transformer l’innovation en investissements, l’autonomisation en opportunités économiques et les solutions locales en résultats pour la souveraineté alimentaire », en articulant trois actions majeures : la démonstration de solutions concrètes, la mise en relation avec des investisseurs et le renforcement des opportunités pour les agricultrices.
Placée sous le thème central « Innover aujourd’hui. Nourrir demain. », la Journée Mondiale de l’Alimentation souligne l’urgence de transformer durablement les systèmes agroalimentaires malagasy pour garantir la souveraineté alimentaire de la Grande Île. La sécurité alimentaire ne peut plus reposer uniquement sur l’accroissement des volumes de production brute, mais exige une démarche intégrée comprenant la transformation locale, la réduction des pertes post-récolte, la conservation et l’accès de tous à une alimentation saine, diversifiée et de qualité. L’innovation sous toutes ses formes apparaît ainsi comme le moteur indispensable de cette mutation. En réunissant les producteurs, les chercheurs, le secteur privé et les institutions publiques, cette célébration vise à valoriser les solutions locales résilientes face au dérèglement climatique et à les convertir en opportunités d’investissement durables pour le pays.

Parallèlement, la Journée Internationale de la Femme Rurale et l’Année Internationale de l’Agricultrice mettent en lumière le rôle capital des femmes dans l’économie rurale malagasy et l’urgence d’investir dans leur potentiel entrepreneurial. Présentes à chaque maillon de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, les femmes rurales demeurent pourtant confrontées à des obstacles structurels majeurs qui entravent leur accès au foncier, aux crédits, aux équipements modernes et aux formations. L’enjeu fondamental de cette commémoration consiste à consacrer le statut des agricultrices en tant qu’actrices économiques, entrepreneures et créatrices de valeur à part entière. Lever ces barrières pour favoriser leur autonomie financière ne répond pas seulement à une exigence d’équité sociale, mais constitue la condition indispensable pour démultiplier la productivité agricole et assurer la sécurité alimentaire de toute la nation.