Relance de la filière café : rebâtir une chaîne de valeur compétitive d’ici 2036

Le Gouvernement Malagasy ambitionne de relancer durablement la filière café à travers un Programme national de relance et de compétitivité couvrant la période de 2026 à 2036.

Dans le cadre de cet engagement, le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, en partenariat avec les institutions de recherche, organise les 28 et 29 septembre 2026 à Antananarivo un atelier national de consultation des acteurs locaux. Cet événement réunit l’ensemble des parties prenantes (institutions de recherche, producteurs, opérateurs, partenaires techniques et financiers) et couvre 14 régions prioritaires, représentées par d’importantes délégations conduites par leurs chefs de région ou leurs représentants, afin de consolider les informations de terrain sur les réalités des zones ciblées par le futur programme

Cette initiative répond à la nécessité de redresser une filière qui a connu un niveau de production élevé dans les années 1970 et 1980, avant de traverser une crise profonde durant la décennie suivante. Ce recul s’explique par la combinaison du vieillissement des plantations, d’un sous-investissement continu, de la désorganisation de la chaîne de valeur, d’une qualité irrégulière, d’un accès limité au financement et de chocs de marché successifs. Le problème central réside aujourd’hui dans une base productive vieillissante au sein d’une filière fragmentée, ce qui génère de faibles volumes commercialisables de qualité homogène ainsi qu’une faible valeur pour les producteurs.

Aujourd’hui, le marché mondial du café offre de nouvelles opportunités en rémunérant avant tout la constance et la qualité. Alors que la production mondiale s’élève à près de 180 millions de sacs de 60 kilogrammes, l’enjeu pour Madagascar réside dans sa capacité à proposer une origine fiable, traçable et différenciée. L’augmentation des volumes ne constitue donc qu’un volet de la stratégie, qui intègre également l’amélioration de la qualité post-récolte, l’agrégation, la logistique, la contractualisation et le financement des campagnes. Mais si l’accès au marché international reste prioritaire, le marché intérieur demeure tout aussi stratégique. Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, M. Gaëtan Ramindo, a insisté sur la promotion de la consommation locale, rappelant qu’elle constitue le socle même de l’autosuffisance alimentaire. »

Une consultation régionale pour cibler les investissements et fixer les caps de production

L’atelier de consultation  permet de prendre en compte la diversité des territoires caféicoles, dont les niveaux de potentiel, de contraintes, d’acquis et de besoins restent très variables. Les échanges menés au cours de ces deux jours visent à harmoniser les données relatives aux surfaces, aux producteurs, aux infrastructures et au matériel végétal afin de transformer les connaissances régionales en décisions de ciblage et d’investissement.

Les travaux conduits durant cet atelier permettent de valider et de hiérarchiser les zones d’intervention prioritaires tout en élaborant une cartographie consolidée des priorités et des acteurs de la filière. La réunion vise également à structurer les défis quantitatifs et qualitatifs, à documenter l’ensemble des contraintes et des opportunités, et à définir des mesures d’atténuation des risques susceptibles d’influencer la mise en œuvre du programme.

La mise en œuvre du Programme national repose sur un financement indicatif global de 150 millions de dollars américains, mobilisé avec l’appui conjoint du projet FOLUR, du programme DEFIS et du projet PIC.L’ambition globale du Programme s’articule autour d’une première phase prévue pour la période 2027-2031, qui prévoit le soutien de 45 000 hectares de cultures et touche entre 70 000 et 90 000 producteurs. Cette première étape vise un potentiel de production de 46 800 tonnes par an, avant d’atteindre à terme l’objectif global de 100 000 tonnes par an sur l’ensemble du territoire national.

Retour